2026 apporte plusieurs changements fiscaux aux Émirats. Certains sont majeurs et ne concernent qu'une fraction des entreprises présentes sur le territoire. D'autres touchent tout le monde, y compris les PME et les indépendants. Voici le point complet, sans jargon inutile.
Ce qui ne change pas : IS 9% et TVA 5%
Pour commencer, la base reste stable. L'impôt sur les sociétés à 9% (au-dessus de AED 375 000 de bénéfice net annuel) n'a pas bougé. La TVA à 5% non plus. Les petites structures et les indépendants sous ce seuil continuent de bénéficier d'une imposition nulle ou très faible, ce qui reste l'un des principaux attraits de l'écosystème UAE pour les entrepreneurs.
Le DMTT 15% : pour qui, concrètement ?
Le Domestic Minimum Top-Up Tax (DMTT) est entré en phase pratique en 2026. Il s'applique aux groupes multinationaux dont le chiffre d'affaires mondial consolidé dépasse 750 millions d'euros. C'est la transposition directe des règles OCDE Pilier 2 dans la législation UAE.
En pratique, cela signifie que ces groupes doivent s'assurer que leur taux effectif d'imposition aux Émirats atteint au moins 15%. Si ce n'est pas le cas, la différence est collectée sous forme de top-up. Pour les structures qui payaient jusqu'ici très peu ou rien grâce aux exonérations freezone, le calcul change.
Pour les PME, les startups et les indépendants : ce régime ne vous concerne pas.
Les amendements TVA au 1er janvier 2026
Là, tout le monde est potentiellement concerné. Trois changements sont entrés en vigueur :
- Plafonnement du carry-forward de crédits TVA à 5 ans : les crédits de TVA accumulés sur des achats peuvent être reportés, mais désormais avec une limite de 5 ans. Concrètement, les crédits constitués en 2021 expirent en 2026. Si vous avez des crédits dormants, c'est le moment de les utiliser.
- Simplification du reverse-charge : les règles d'autoliquidation sur certaines transactions B2B ont été clarifiées, notamment pour les prestations de services reçues de l'étranger.
- Règles anti-évasion renforcées : nouvelles dispositions ciblant les montages artificiels sur la TVA, avec des présomptions de fraude dans certains cas.
Nouvelles pénalités fiscales au 14 avril 2026
Un calendrier à retenir : à partir du 14 avril 2026, de nouvelles pénalités fiscales sont effectives. Elles concernent principalement les retards de déclaration et les erreurs de calcul sur la TVA et l'IS. Les montants ont été revus à la hausse dans certains cas. Si vous avez des déclarations en retard, régulariser avant cette date est préférable.
La facturation électronique arrive
L'e-invoicing entre dans une phase pilote volontaire en juillet 2026. Pour les grandes entreprises, il deviendra obligatoire en janvier 2027. Pour les PME, le calendrier d'obligation n'est pas encore fixé, mais il est prudent de commencer à se préparer : choisir un logiciel compatible, former ses équipes, tester le processus.
Ce que ça change selon votre profil
Pour un indépendant ou une petite structure en freezone avec moins de AED 375 000 de bénéfice, l'essentiel reste stable. Surveillez vos crédits TVA si vous en avez, et préparez-vous à l'e-invoicing progressivement.
Pour un groupe international avec une holding UAE dans une structure d'optimisation fiscale, le DMTT 15% change le calcul de manière significative. Une revue de la structure avec un conseiller fiscal est indispensable avant la fin 2026.